Interview by/par Christopher Montlouis-Gabriel for/pour epsorg.fr

(press review/revue de presse)

 

 

L’artiste Renaud Porte en interview pour France Demain

Nous vous en parlions il y a quelques jours dans les colonnes de France Demain.fr, l’artiste Porte Renaud lance en collaboration avec le centre socio-culturel Jean Wagner à Mulhouse, le projet DEDALE pour le Développement d’Echanges, de Découvertes Artistiques et Lieu d’Exposition.  Pour la rédaction, il accepte de répondre à quelques questions.

 

 

- Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

Je me nomme porte renaud, je suis artiste-plasticien, je vis et travaille hic et nunc.

 

 

- Vos créations laissent place à la philosophie, elles intriguent et surprennent que se passe-t-il dans votre tête pour que naissent ces ovnis icon smile Lartiste Renaud Porte en interview pour France Demain ?

 

Difficile à dire, il n’y a pas de mécanismes que j’arriverai à identifier lorsque me vient une idée . Je pense que l’expérience de mon propre travail me permet d’avancer dans ma recherche artistique. Des lectures, des voyages, des rencontres, des visites d’expo, des expérimentations en ateliers, et les événements de la vie quotidienne génèrent parfois une association d’idée et me révèlent une nouvelle forme, une nouvelle matière, une approche différente mais c’est le travail qui suit cette découverte et les nombreuses créations qui en découlent qui selon moi donnent de la maturité à l’intention plastique.

 

 

- Si vous deviez définir votre démarche créative comme la définiriez-vous ?

 

Principalement orientée sur la pratique sculpturale – bien que je m’ouvre de plus en plus aux possibilités du dessin – c’est un travail très corporel, tant dans l’investissement de mon propre corps que par la représentation d’un corps contemporain qui se cherche car pris en étau entre sa fragmentation, sa marchandisation et son envie d’être de nouveau plus que la somme de ces parties. Il y a des récurrences dans m on travail comme l’empreinte, la répétition de gestes, des références à l’archéologie, à la paléontologie, à la mémoire. La dimension participative est également essentielle.

 

 

- Vous déclarez «préférer l’idée de trajet à celui de projet», qu’est-ce que cela signifie ?

 

Un but ne devrait pas selon moi être le seul intérêt que l’on trouve à emprunter la voie qui y conduit. Je ne parle pas de se passer de l’œuvre comme moment de cristallisation de la démarche artistique mais de profiter du voyage qui y mène. Mes compositions plastiques sont souvent précaires, soumises à un démantèlement ou vont être les attributs d’une prochaine œuvre. Un projet bien réalisé est celui dont a savouré le trajet.

 

 

- Sur le chemin de votre trajectoire, en plus de votre pratique artistique, vous vous êtes engagez en tant qu’éducateur populaire, pouvez-vous nous en dire plus ?

 

En parallèle de mes études en écoles d’art, puis de mon activité d’artiste-plasticien, j’ai continué à évoluer dans le domaine de l’animation, de l’éducation populaire et spécialisée. D’animateur, je suis devenu formateur et directeur de séjours. J’entretiens une pratique dans ce domaine car c’est un engagement citoyen qui correspond à mes valeurs d’échange et de partage. D’ailleurs, je suis responsable d’une initiative, que j’ai créée il y a quelques semaines, d’organisation d’expositions, de résidences et de séjours au sein d’un centre social mulhousien et qui se nomme D.E.D.A.L.E. (développement d’échanges, de découvertes artistiques et lieu d’exposition). Je travaillerai sur ce nouveau projet depuis Berlin afin de développer un réseau artistique entre Mulhouse et la capitale allemande.

 

 

- Est-ce que le contact avec ces jeunes en difficulté a eu un impact sur votre façon de créer ?

 

Lorsque l’on parvient à se faire entendre d’un public qui, de prime abord, vous rejette car vous représentez le cadre, l’institution, on se sent plus mûr pour défendre son point de vue en toutes circonstances. Mais ce n’est pas tout, il est clair que les rencontres que j’ai faites ces dernières années ont nourri le besoin que ma pratique artistique ne soit pas close sur elle-même mais dialogue avec les territoires, les populations jusqu’à la rencontre des individus. La création artistique est souvent un formidable moyen d’instaurer les conditions propices à l’échange et à chacun de révéler l’intensité de son existence.

 

 

- Personnellement, je trouve votre travail touchant, nécessaire mais surtout sincère car il véhicule de véritables messages. Votre travail ne ressemble a aucun autre. Enfin l’artiste émanciper des codes ?

 

Je ne sais pas si je suis le plus à même à répondre à cette question. Votre interrogation témoigne mieux que ma réponse le fera. Ce qui me parait certain, c’est que l’artiste reproduit, mixe, déconstruit, assemble, transmet, transforme, confronte les codes et l’on peut espérer que son travail soit une source d’émancipation et que ses œuvres, qui sont autant d’étapes d’une recherche, parviennent à nous révéler cette longue digestion produisant notre étonnement devant une redécouverte du réel.

 

 

- Où est-ce qu’on peut voir votre travail en ce moment ?

 

Je viens de terminer une exposition collective à Troyes. Beaucoup de projets d’expositions sont en cours de préparation pour 2014 et 2015, les dates finales quant à elles, se fixent souvent au dernier moment. Je sais donc que l’année prochaine va être chargée, sans avoir pour autant plus de visibilité à l’heure actuelle. Il y aura sûrement des choses à voir à Berlin !

 

 

- Si on peut avoir une petite exclusivité, quels sont vos projets en cours ou en cours de réflexion ?

 

Je dessine beaucoup en ce moment et pense que cet aspect de mon travail devrait ressortir dans les mois qui suit. Je travaille actuellement sur la réalisation d’un triptyque qui porte le titre provisoire de bas-relief est qui s’inscrit dans la généalogie de deux précédentes œuvres, Foyer et Faune. J’ai également trois gros projets sculpturaux qui pour l’instant n’existent que sur le papier, dans mes mains et ma tête mais que j’espère pouvoir démarrer prochainement. Voilà qui promet de beaux trajets à venir !

 

 

La rédaction remercie Renaud Porte pour sa participation et sa disponibilité. Pour découvrir le travail de l’artiste, rendez-vous sur son site internet : www.porterenaud.com

 

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France Demain interviews the artist Renaud Porte

A few days ago France Demain.fr published an article about the artist Porte Renaud who was launching in collaboration with the socio-cultural centre Jean Wagner in Mulhouse, the DEDALE project (French acronym for “Development of Exchanges, Artistic Discoveries and Place of Exhibition”). He agrees to answer a few questions to the editorial board.

 

 

- Could you briefly tell us about yourself?

 

My name is porte renaud, I am a visual artist, I live and work hic et nunc.

 

 

- Your creations are imbued with philosophy, they intrigue and surprise, what happens in your mind to give birth to such oddness?

 

It is hard to say, I am not able to identify the mechanisms when an idea comes to me. I think that the experience of my personal work enables me to progress in my artistic research. Reading, travelling, meeting people, visiting exhibitions, experimenting in studios and everyday life events may lead to an association of ideas and highlight a new form, a new material, a different approach. Yet, I think that the work and the many creations resulting from this discovery are what give maturity to the plastic intention.

 

 

- How would you describe your creative approach if you had to?

 

It is mainly focused on sculptural practice – even though I increasingly take into consideration the drawing possibilities – it is a very corporal work, both in the commitment of my own body and the representation of a contemporary body searching for its identity since caught between its fragmentation, commodification and its will to be again more than the whole of these parts. My work is made of recurrences such as the print, repetition of gestures, references to archaeology, palaeontology, and memory. The participative scope is also essential.

 

 

- You say you “prefer the idea of a journey to that of a project”, what do you mean?

 

I think that a goal should not be the only interest in taking the way leading to it. I don’t mean to do without the artwork as a crystallisation moment of the artistic approach but to enjoy the journey leading to it. My plastic compositions are often precarious, submitted to a dismantling or will be the attributes of a new artwork. A well-done project is when the journey was enjoyed.

 

 

- In continuation of your path, on top of your artistic practice, you have been committed as a popular educator; can you tell us more about it?

 

In parallel with my studies in art schools, then with my visual art work, I have kept evolving in the organisation of educational activities, popular and specialized education. I started as an organizer and then I became a tutor and supervisor of educational stays. I keep working in this sector because it’s a civil participation fitting with my values of exchange and sharing. By the way, I am responsible for an initiative I created a few weeks ago called D.E.D.A.L.E. (development of exchanges, artistic discoveries and exhibition place), aiming at organizing exhibitions, residences and stays in a social centre in Mulhouse. I will work on this new project from Berlin to develop an artistic network between Mulhouse and the German capital.

 

 

- The way you create was it impacted by the contact you had with these youngsters in trouble?

 

When a people who, at first sight, reject you because you represent the limits and the institution, finally listen to you, you feel more mature to defend your point of view in any case. But that’s not all, obviously people I met over the past years inspired my need to have an artistic practice which wouldn’t be closed on itself but interact with territories, populations to the meeting of individuals. The artistic creation is often a great means to implement the suitable conditions to exchange and enable anyone to reveal the intensity of life.

 

 

- I find that your work is touching, necessary but mostly honest because it carries authentic messages. It is unlike any other. Is the artist finally liberated from the rules?

 

I don’t know if I am in a good position to reply your question which is a better illustration that my answer would be. To me, what is obvious is that the artist reproduces, mixes, deconstructs, assembles, conveys, transforms, challenges the rules and the hope is that his/her work is a source of liberation and that his/her artworks, as many stages of the research, enable to reveal this long incorporation that surprises us before a rediscovery of the real world.

 

 

- Where can we see your work at the moment?

 

I have just finished a collective exhibition in Troyes. Many exhibition projects are being prepared for 2014 and 2015. The final dates are often set at the last moment. Thus I know that next year will be busy, even if I don’t know more about it for now. There will probably be things to see in Berlin!

 

 

- If we could have some exclusiveness, what projects are you being prepared or considered?

 

I draw a lot at the moment and think that this aspect of my work should be brought out within the coming months. I am currently working on the creation of a triptych temporarily entitled bas-relief and which follows the genealogy of two previous artworks, Foyer and Fauna. I also have three big sculptural projects which, for now, only exist on paper, in my hands and my mind but I hope to start them shortly. All that promises lovely journeys to come!

 

 

The editorial board thanks Renaud Porte for participating and being available. To discover the work of the artist, please visit his website: www.porterenaud.com

 

Christoher Montlouis-Gabriel

Published on: Mon 9 Dec 2013

Culture | By EPS NEWS

 

 

Christoher Montlouis-Gabriel

 

 

 

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